Le Cloud Computing : oui mais pas pour n’importe qui, n’importe quoi ni n’importe comment.

Aug 29, 2010

Note: Voici un article que j’avais rédigé il y a bientôt un an pour Jyn, une société que j’affectionne particulièrement

A l’heure où tout le monde parle d’une vraie révolution, que les commerciaux s’en donnent à cœur joie et vantent les mérites du Cloud Computing, un petit débriefing  s’impose.

Petit rappel…

Le Cloud Computing c’est quoi…

… me demanderont certains d’entre vous. L’interrogation est légitime  puisque ce terme ne définit en réalité rien de précis. On peut en ressortir tout de même la définition suivante : le fait de regrouper virtuellement toutes les données et programmes d’une entité ou d’un (groupe de) service(s) en un seul et même point géré par un tiers (toutefois très souvent géographiquement éclaté pour des raisons d’optimisation).

Exemple : un société qui choisit de passer par un prestataire (ex outlook.com) pour ses mails au lieu d’héberger le serveur chez elle

Ok, mais dans quel but ?

Les objectifs sont multiples. On pourra alléger le client de son infrastructure informatique (du moins d’une partie de cette dernière). Le terme de SAAS (Software As A Service) prend alors toute son ampleur car au lieu d’acheter une licence logicielle, on paie un service (Ex : Outlook.com au lieu d’acheter une machine + une licence windows serveur + une licence Exchange, on loue autant de boites Exchange que besoin).

On pourra aussi garantir une meilleure qualité de service (le coup des infrastructures gérant tout ce joyeux bazar étant sans commune mesure avec celui des entreprises classiques).

L’utilisation du cloud computing rend également la distribution des mises à jour est plus rapide. En effet au lieu d’avoir 100 fois le même programme installé sur 100 postes différents (et donc 100 mises à jour), on aura une fois un seul programme installé pour 100 utilisateurs.

Les ressources seront beaucoup plus flexibles et importantes grâce à des technologies comme la virtualisation, le clustering, les serveurs en lame, etc.

Très bien mais cette innovation a bien quelques points faibles ?

Oui c’est juste, le premier étant la propriété des données. Par exemple, si une entreprise gère ses serveurs elle –même et qu’elle souhaite détruire définitivement des données, il suffit de les détruire physiquement. A l’inverse, Si elle utilise une solution de cloud computing, ses données sont partagées entre plusieurs machines différentes sur lesquelles elle n’a pas forcément la main (le plus souvent pas du tout). Pour plus d’informations sur ce problème je vous invite à consulter https://www.guardian.co.uk/technology/2008/sep/29/cloud.computing.richard.stallman : interview de Richard Stallman traitant des dangers liés au fait de confier ses données à un tiers (en Anglais)

Un des autres inconvénients majeurs du CC est votre dépendance totale à  votre connexion internet, que ce soit en termes de bande passante autant qu’en termes de disponibilité. Prenons l’exemple d’une société de carrosserie : si le stockage des devis (avec photos, documents contractuels, notes…) est internalisé, vous ne consommez aucune bande passante vers internet pour l’utilisation de ces ressources ; vous pouvez quand même continuer à saisir des devis si votre connexion tombe. A contrario si vous passez par un service dit de cloud computing, au moment où 5 carrossiers sur des postes différents envoient des photos de sinistres, vous allez constater des lenteurs, et le jour où la connexion tombera, tout le monde pourra rentrer chez soi.

Comment choisir ?

En fonction de l’usage

Déterminez si votre entreprise et géographiquement éclatée ou non. En effet, si vous disposez d’un seul local, l’intérêt d’externaliser le service est moins grand que si vous disposez d’une centaine d’agences (et même là encore tout dépend de quel usage vous faites précisément de votre système de traitement des données).

Déterminez si vous avez beaucoup de personnel mobile ou non, beaucoup de périphériques mobiles (blackberry, pocketPC, smartphone, iphone…) car un des gros avantages du cloud computing est de fournir une architecture très orientée synchronisation

En fonction des données

Les solutions de sauvegardes sont onéreuses et souvent fastidieuses. Dans les cas où vous avez beaucoup de données dont vous voulez faire perdurer l’intégralité dans le temps sans y investir énormément d’argent, le Cloud computing peut être une solution.

Si vos données ont un caractère confidentiel ou qu’elles sont susceptibles d’intéresser un concurrent direct (je pense notamment au milieu industriel), évitez le cloud computing ou choisissez un prestataire sûr et des moyens de communication avec ce dernier suffisamment sécurisés. (Rappelez vous qu’utiliser une solution de cloud computing ce n’est ni plus ni moins que mettre ses données sur le net et les confier à quelqu’un d’autre)

De manière partielle ou totale

Il peut arriver que vous ayez déjà une infrastructure informatique de taille respectable, de bonnes équipes mais qu’elles arrivent à saturation. Pour éviter d’investir dans d’avantage de ressources humaines, vous pouvez faire appel au cloud computing pour une partie de vos services de l’information (ex : basculer exchange sur outlook.com ou sharepoint sur sharepoint online) de manière à soulager votre département IT.

En fonction de la taille de votre entreprise

Et c’est un point très important. Si les TPE n’auront pas grand intérêt à passer par une solution de cloud computing (a part peut être pour les mails), c’est parce qu’elles n’auront pas un grand volume de données à décharger. De même pour les grands groupes, qui préféreront garder la maitrise de leurs données et de leurs traitements informatiques.

Les PME par contre, sont les premières visées. Que ce soit pour une migration complète vers le cloud computing ou une migration partielle, cette solution pourra leur permettre d’économiser des ressources ainsi que  d’acquérir une flexibilité et une qualité de service qu’elles auraient eu du mal à avoir par elles même.

Les particuliers eux aussi sont visés par cette nouvelle mode mais de manière différente et plus ludique. Ils s’y sont d’ailleurs déjà quasiment tous mis (notamment pour les suites de services telles que Live ou Google). Si cette innovation est très  intéressante pour les mails (et services associés) ainsi que pour les outils de synchronisation, le cloud computing pour le particulier doit rester un auxiliaire à la machine et non devenir un remplaçant. Utiliser ces services c’est envoyer ses données sur le net, et nos chères machines stockent pour la plupart d’entre nous une partie de nos vies privées…

 

 

Le Cloud Computing est une solution innovante mais attention à ne pas l’employer à tors et à travers, il faut bien réfléchir au préalable aux bénéfices et inconvénients que tel ou tel service en Cloud Computing peut éventuellement offrir ou causer avant de s’y investir. Franchir le cap est souvent bien plus facile que de revenir en arrière…


Edité la dernière fois le 27 May 2021 par Vincent Biret


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